♻️ D’où viennent vraiment mes bijoux ?

Voyage dans les matières que je sauve

Quand on regarde un bijou terminé, on imagine souvent qu’il est né dans un atelier, sur un établi bien rangé, avec des matières toutes neuves.

Chez moi, ça ne se passe jamais comme ça.

Mes bijoux ne commencent pas dans un catalogue fournisseur.

Ils commencent dans des lieux vivants, imprévisibles, parfois un peu en bazar : des vide-greniers, Emmaüs, des recycleries, parfois Le Bon Coin.

Ils commencent dans des cartons poussiéreux, des boîtes oubliées, des objets que plus personne ne regarde vraiment.

Et c’est justement là que tout m’inspire.

 

Là où tout commence : mes terrains de chine

Mon premier grand terrain de jeu, c’est le vide-grenier. Clairement.

J’adore chiner. J’adore fouiller. J’adore ne pas savoir ce que je vais trouver.

Et surtout, j’adore cette période de l’année où les premiers vide-greniers réouvrent. Je les attends avec impatience. Parce que c’est là que mon inspiration se réveille pour de bon.

Les vide-greniers, ce ne sont pas juste des lieux pour acheter des objets.

Ce sont des lieux pour découvrir.

Je tombe souvent sur des objets que je ne connaissais même pas. Des choses qui ne se fabriquent plus. Des matières qu’on n’utilise plus. Des petits bouts d’histoire.

Et mine de rien, j’apprends énormément. Sur les objets, sur les usages, sur les matières.

Chaque stand est une surprise.

Je chine aussi beaucoup chez Emmaüs, dans les recycleries.

Et parfois sur Le Bon Coin, quand je cherche quelque chose de plus précis.

Mais le vide-grenier reste mon premier amour.

Le jour où j’ai voulu acheter un stand entier

Je me souviens d’un très grand vide-grenier à Saint-Nazaire, du côté de l’Immaculée.

Je tombe sur un stand complètement dingue.

Je me suis totalement emballée.

J’ai commencé à tout prendre. Mais vraiment tout !

À un moment, je n’avais plus assez de bras. J’ai dû appeler des copines à l’aide pour porter mes sacs.

Et à un moment, j’ai même demandé un prix pour… tout le stand.

Avec un peu de recul, c’était un peu n’importe quoi.

Mais sur le moment, c’était surtout du pur plaisir. De l’excitation. De l’enthousiasme brut.

C’est ça aussi, mon travail. Des élans. Des coups de cœur. Des intuitions.

 

Comment je choisis mes matières

Je ne prends pas tout.

Je choisis beaucoup.

Je regarde les textures. Les couleurs. L’état. Le potentiel.

Je touche. J’imagine. Je projette.

Souvent, je ne sais pas encore ce que ça va devenir.

Mais je sens que “ça” a quelque chose.

Une matière qui me parle. Un détail. Une forme. Une patine. Même parfois un défaut.

Je ne cherche pas la perfection.

Je cherche de la matière vivante.

 

Ce que j’adore par-dessus tout : la transformation

Une des choses que je préfère dans mon travail, c’est le moment où je nettoie, je brosse, je démonte.

Quand une matière est un peu terne, un peu sale, parfois rouillée…

et que petit à petit, elle redevient belle.

J’adore brosser les pièces, enlever les traces, révéler l’éclat.

Ce moment où, d’un coup, ça devient propre, lumineux, presque neuf.

C’est hyper satisfaisant.

Un peu comme quand on passe un karcher et que tout change sous nos yeux.

C’est là que je me dis :

“Ok. Là, il y a un bijou qui commence à naître.”

 

De l’objet au bijou

Avant d’arriver à ton cou, ton poignet ou tes oreilles, une matière passe par plein d’étapes :

tri,

nettoyage,

démontage,

tests,

essais,

ratés parfois,

assemblages,

et beaucoup de temps.


L’upcycling ou recyclage ce n’est pas juste “récupérer”.

C’est regarder autrement.

C’est transformer.

C’est faire émerger quelque chose qui n’existait pas.

Pourquoi c’est essentiel pour moi

Choisir de créer à partir de matières existantes, ce n’est pas un hasard.

C’est une façon de ralentir.

De ne pas surproduire.

De ne pas faire des bijoux standardisés.

De travailler avec ce qui est déjà là.


Ça m’oblige à m’adapter, à observer, à créer autrement.

Et c’est exactement ce que j’aime.

 

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